LA FAUNE, LA FLORE ET LE GRAND CATACLYSME
Puisse Illumara et ses humbles serviteurs toujours veiller sur notre monde.
An Cent cinquante deux de l'ère des Dieux
Le monde n'a pas toujours eu le visage qu'on lui connait aujourd'hui. Si nous savons tous que les hommes ont payé un lourd tribu à leurs ancêtres corrompus par les Mornawyms, nous devons voir au delà, d'autres créatures d'Illumara ont elles aussi beaucoup souffert, nombreuses furent détruites, ni le règne végétal, ni le règne animal ne furent épargnés. Fut-ce un bien ou un mal ? Je vous laisserai seuls juges.
La Flore, sous l'emprise des Mornawyms
L'herbe, le sable, les fleurs, les arbres si l'on en croit les anciens récits étaient à la fois semblables et bien différents de ceux et celles que nous pouvons, saisir, toucher ou fouler de nos pieds.
L'herboriste Tellian notait qu'une "(...) étonnante harmonie semble s'élever du tout pour ne faire qu'une. Le vent qui carresse les vastes étendues d'herbe grasse recueille les chants des plantes et des fleurs pour les faire connaître des arbres et des plaines plus éloignées (...)" tandis que l'ancien mage Elanar emporté comme ses pairs par le grand cataclysme lui relate dans un recueil que "les arbres ont un langages qu'ils parlent à ceux qui savent les écouter, lorsqu'ils ont une oreille attentive alors leur feuilles se penchent et dansent aux oreilles de leur visiteur pour conter mille secrets sur leur histoire et sur leurs amis que nous nommons Mornawyms (...)".
Si l'on peut raisonnablement se demander si Elenar n'était pas sous l'emprise des Mornawyms qui altéraient sa vision et sa perception de la réalité, Tellian, qui lui n'avait semble t'il jamais parlé ni preté l'oreille à aucune puissance élémentaire, abonde dans le sens du mage impie.
Délire poétique ou perception d'une réalité aujourd'hui à jamais passée ? Nul le saurait le dire aujourd'hui si d'autres n'avaient pas écrit sur le sujet et à leur façon retranscrit cette même vision de la nature. En recoupant les textes ayant traversé les âges la seule chose qui parait évidente est que les Mornawyms pouvait se manifester à tout moment au travers de toutes forme de vie végétale pour tromper les hommes et leur faire voir la nature sous un angle différent et blasphématoire. Nombre d'hommes et de femmes ont alors voué des cultes à des arbres centenaires, à un étrange cercle de fleurs mais il ne s'agissait là que d'une vile ruse des Mornawyms pour tromper et asservir nos frères et nos soeurs d'autrefois.
Hélas, si encore les Mornawyms s'étaient contentés de tromper les hommes ! C'est par des notes très succintes et encore plus rares que l'on apprends que certaines forme de vie végétales étaient hostiles à l'homme. L'histoire la plus complète qui soit parvenue jusqu'à nous est la mésaventure racontée à l'époque sous forme orale qu'un érudit à un jour voulu coucher sur le parchemin pour les générations future. Cette histoire raconte comment un fermier a été déchiqueté vif par des buissons d'épines. La scène s'est passée loin de notre belle cité de Delomaravym, au sud de la chaîne de montagnes centrales. Un fermier aurait un jour eu de plus en plus de mauvaises herbes dans son champ. Chaque jour à l'aube il les arrachait, chaque nuit elle repoussaient car au matin suivant ces mauvaises herbes étaient plus nombreuses, leurs racines plus profondes et leurs tiges plus solide. Au bout d'un mois c'était un véritable arbuste qui s'élevait au milieu du champ du fermier. Lorsque celui-ci s'en pris à cet arbuste à l'aide d'une hache l'arbuste aurait riposté et frappé de ses branches couvertes d'épines le fermier qui fut obligé de battre en retraite. Le fermier succomba à une forte fièvre qui dura plusieurs jours et l'on le retrouva mort dans son lit. On découvrit alors un mysérieux bosquet au milieu du champ autour duquel se trouvaient des cadavres de rongeurs.
Il faut se méfier de toutes les cultures orales qui ont tendance à être exagérées et déformées au fil du temps et j'ai bien failli passer cette histoire pour un vulgaire récit sur l'empoisonnement d'un fermier s'étant frotté de trop prêt à ces plantes vénéneuses qui existent encore de nos jours et qui ne sont absolument par sous l'emprise quelconque des Mornawyms et encore moins douées de conscience. J'ai alors lu un autre récit d'une mort soudaine, violente et mystérieuse mais donc la scène se passe à l'orée de la forêt des songes. Un arbre de la forêt aurait jeté de nombreuses branches couvertes d'épines aussi longues que des couteaux sur un mulet d'une caravane marchande. En quelques minutes seulement le mulet fût déchiqueté comme dévoré par l'arbre. Ce récit rapporté à Delomarawym, puisque c'était la destination de la caravane, fut conservé par écrit par un officier de la caserne qui parût suffisemment choqué et convaincu pour prendre la déposition des marchands. Apparement il n'y eu toutefois aucune enquête sur le sujet.
J'ai également pu rapprocher ces faits d'autres récits sur les méfaits commis par les mages. Il est dit que certains d'entre eux tyranisaient leur entourage et usait parfois de tels subterfuges pour se débarasser de rivaux, pour se venger d'autrui et souvent aussi par pure sauvagerie et soif d'étaler leur puissance. Ce peut-il que ces deux faits divers d'autrefois furent l'oeuvre d'un ou de plusieur mages restés dans l'ombre ? Cela se peut mais ma quête de vérité me pousse à poser ici la retranscription exacte des faits et vous laisser juger en votre âme et conscience.
Peut-on en déduire que la nature n'était pas différente mais manipulée par les Mornawyms, parfois via les mages eux-même marionnettes des élémentaires ? Oui, et non. C'était le cas de la flaure, et cela est certain. Toutefois, le cas du règne animal lui est bien différent. Les rares traces écrites à ce sujet sont plus que confuses.
La Faune et son combat pour la liberté
Contrairement aux formes de vie végétales dénuées de toute force, sinon de toute forme, de pensée propre, les formes de vie animales elles ne subissaient pas de la même façon la corruption et la puissance des Mornawyms.
La plupart des écrits décrivant le règne animal d'avant le cataclysme décrit avec précision les animaux que nous cotoyons aujourd'hui encore, lapins, cochons, poules, chevaux ânes et mulets. Les anecdotes les plus passionnantes consignées par écrit leur sujet restent les différents registres d'achat et de vente des ces animaux.
D'autres textes anciens font références aux insectes, ces petites créatures que l'on remarque que lorsque l'on y fait tout spécialement attention et qui, comme les oiseaux, ont la capacité de s'élever dans les airs. Si les textes sont plus rares, certains érudits et herboristes d'antan ne les décrivent que pour les différencier, un peu à la façon des champignons, ou pour l'usage qu'on peut trouver à certains et desquels se débarasser. Il n'existe à ce jour aucun texte impliquant les insectes dans de quelconque faits divers ou manifestation le règne animal d'autrefois. Les Moranawyms semblaient ne pas avoir pu étendre leur pouvoir corrupteur jusque-là.
Pourtant, à la frontière entre les contes pour enfants sur les créatures fantastiques et la réalité existent quelques rares, mais très étonnamment précises, traces écrites d'une multitude de créatures des plus étranges. A la limite de la démence, ces textes écrits en des temps si reculés sont toutefois une trace de l'histoire des hommes avant le grand cataclysme et il est de mon devoir d'en retranscrire ici les preuves les plus convainquantes des étranges créatures qui jadis arpentaient notre monde.
Commençons par décrire les plus petites créatures. Bien qu'elles aient pu être définies sous de très nombreuses formes et nommées de tout autant de façon, de nombreux récits parlent des « féés ». Décrites comme de « petites créatures » à « l'air facécieux » de « la taille d'un moineau » ou parfois «pas plus grande qu'un pétale de rose » au « visage humain » ou « de petit animal » s'exprimant tantôt « par des mots parfaitement compréhensibles » ou « par des rires enfantins » ou bien par « de petits cris stridents » les fées semblent avoir été aperçue surtout à l'orée de la forêt des songes mais également dans les montagnes ou dans bois et bosquets. Jamais toutefois elle ne furent vues dans les zones désertiques. Fantasme de l'imagination ? Délire d'ivrogne ? Les sources sont étonnamment diverses. Etaient-ce les Mornawyms sous une forme qui nous est aujourd'hui inconnues ? Etaient-ce d'autres créatures vicieuses et envoutantes pour tourmenter l'esprit des hommes ? Etaient-ce de petits animaux dont auraient pris possession les Mornawyms comme il l'ont probablement fait pour les végétaux ? Nul ne saurait le prouver aujourd'hui bien qu'il circule oralement une ou deux histoires à propos d'oiseaux à quatre ailes laissant derrière eux des traces de lumières. Le Culte d'Illumara se doit d'enquêter dessus et la vérité sera bientôt faite.
D'autres notes à vocation historique de nos ancêtres content des légendes à propos de race humanoïdes qui auraient bien avant le grand cataclsyme arpenté notre monde. Ces créatures reçurent le nom de nain, d'elfes ou encore d'orc. A ce sujet je ne saurai que trop vous conseiller la lecture de l'ouvrage du frère Ambélarius, basé sur le conte de Shimara, qui exploite de manière tout à fait honorable les écrits arrivés jusqu'à nous.
Les plus grandes créatures que l'on rencontre dans les récits d'antan sont appelées Saranyl. A en croire les descriptions qui en ont été faites les Saranyls sont des créatures semblables aux lézards et salamandre de notre temps mais qui mesuraient dans les trois à sept mètres de haut et tout autant de long. Les Saranyls pouvaient se séparer en deux groupes disctincts. L'un appelé par la plupart de nos ancêtres « Dragon » et l'autre appelé par les érudits de l'époque « Sardros » et souvent assimilé à tord aux dragons.
Les Saranyls appelés « Dragons » disposaient de deux paires de pattes et d'une paire d'ailes leur permettant de ralentir leur chute qu'à voler dans les cieux. Leur corps le plus souvent recouvert d'écailles luisantes comme celles des lézard et des serpents était, dans le cas de la variété vivant dans les forêts couvert d'un pelage oscillant entre le vert et le marron. Ces créatures étaient les plus grandes des Saranyls et vivaient dans des sortes de nids composés d'abres déracinés déchiquetés.
Le groupe des « Sardros » disposait en lieu et place de la paire d'ailes des dragons d'une troisième paire de pattes dont ils servaient mieux que leur cousins les dragons. Vivant dans les grottes, sous le sable du désert, parfois dans les forêts et apparemment même dans l'océan, les Sardros étaient plus hostiles que les dragons envers les autres créatures vivantes.
Les dragons et le Sardros avaient de nombreux points communs, sans doutes reponsables de la confusion dans l'esprit des moins instruits de nos ancêtres. Leurs griffes puissantes leur permettaient d'escalader les montagnes et les plus grands arbres capables de supporter leur poid. Leur puissante machoire leur permettait de saisir et de tuer leur proie, essentiellement de grand mammifères de la taille d'un cheval, en un seul coup. Les femmelles Saranyls pondaient leurs oeufs une fois tous les six à dix ans et alors il ne faisait pas bon de traîner près de l'antre d'un Sardros ou du nid d'un Dragon. Nombre de nos ancêtres sont morts pour s'être approchés de trop prêt de la progéniture d'un Saranyl.
Certains récit farfellus prêtaient aux Saranyls la capacité de cracher des flammes, de l'acide ou divers poisons mais les références à ce sujet ne se trouvent que dans les contes et aucun texte à vocation scientifique ou historique. Des hyptohèses les plus sérieuse qu'il soit encore possible de lire est qu'après un repas trop copieux les Saranyls se débarassaient des os et des poils de leur repas en les recrachant avec force au loin. Une anecdote presque illisible d'un explorateur instruit quelque peu dans l'art de l'écriture relate la plus grande frayeur de sa vie. Il était en train de rôtir quelques lapins pour lui et ses compagnons lorsqu'un Saranyl, était-ce un dragon ou un sardros cela n'est pas précisé, a d'un coup saisi et gobé les lapins, les bûches enflamées, les pierres et une portion de la terre du sol. Surpris et furieux il aurait alors recraché le tout en une gerbe incandescante.
Avisé lecteur, vous en tirerez vos propres conclusions. Ainsi naissent donc les légendes, et moi, humble servant d'Illumara je suis fier de ma mission, d'apporter au plus grand nombre la vérité sur le monde qui nous entoure.
Ainsi donc s'achève ce recueil sur les temps anciens. Puissiez-vous en retirer la sagesse et la vérité que vous y cherchiez et puisse à jamais Illumara veillez sur vous.
Idée Originale ©Assa et Sathlem 2001-2003
Retour a l'accueil